
Pouvant évoluer longtemps sans symptômes apparents, l’insuffisance rénale chronique constitue aujourd’hui une urgence silencieuse de santé publique au Cameroun.
Selon les estimations, près de 10 à 13 % de la population adulte serait touchée par une forme de maladie rénale, souvent diagnostiquée tardivement, lorsque le recours à la dialyse devient vital.
Cette pathologie est étroitement liée à la progression des maladies non transmissibles, notamment l’hypertension artérielle et le diabète, dont la prévalence ne cesse d’augmenter. À l’échelle nationale, plus d’un millier de patients vivent sous dialyse, soit un taux de couverture de 10%, dépendant de séances régulières pour survivre.
Dans ce contexte, l’inauguration du centre d’hémodialyse de l’hôpital de référence de Sangmélima le 6 janvier 2026, par le Dr Malachie MANAOUDA, Ministre de la Santé Publique, s’inscrit comme une réponse concrète à un besoin longtemps exprimé par les populations du Sud. Elle contribue à rapprocher les soins spécialisés des patients et à améliorer la continuité de la prise en charge.
Parallèlement au renforcement de l’offre de soins, la mise en œuvre de la Couverture Santé Universelle (CSU) a marqué un tournant décisif dans l’accessibilité financière du traitement. Alors que la dialyse représentait autrefois une charge financière insoutenable pour de nombreuses familles(600 milles francs l' an), la CSU a permis une réduction significative du coût(15000/ans) rendant ce traitement vital beaucoup plus accessible aux patients souffrant d’insuffisance rénale terminale. Si certains coûts connexes subsistent, cette avancée constitue néanmoins un levier majeur d’équité sanitaire, en limitant les abandons de traitement liés aux contraintes financières accessoires.
En combinant décentralisation des soins spécialisés et allègement du coût de la prise en charge, l’ouverture du centre d’hémodialyse de Sangmélima illustre la volonté de répondre efficacement à une pathologie lourde, auparavant sous-estimée, et de faire de la lutte contre l’insuffisance rénale une priorité de santé publique.
Marcelle Ndzanga/Celcom/Minsanté
la santé, un avenir prometteur.
la vision de développement à long terme du Gouvernement est l’accession du Cameroun au stade de pays émergent aussi bien du point de vue économique qu’industriel à l’horizon 2035. Dans cette perspective, le rôle du secteur de la santé est fondamental dans la mesure où il ne saurait y avoir de développement sans une bonne santé des populations.