
Porté par l'approche multisectorielle « Une seule santé », le lancement officiel du projet Pandemic Fund marque une nouvelle étape dans la politique de sécurité sanitaire du Cameroun.
Présidée par le Ministre de la Santé Publique en présence de plusieurs membres du Gouvernement, des partenaires techniques et financiers, la cérémonie a mis en lumière la volonté des pouvoirs publics de consolider la résilience du système de santé face aux menaces sanitaires émergentes.
«les épidémies ne peuvent être combattues efficacement sans une coordination étroite entre les secteurs de la santé humaine, animale et environnementale», a souligné le Dr Malachie MANAOUDA dans son allocution de circonstance.
Le Cameroun bénéficie d’une enveloppe de 23,5 millions de dollars du Pandemic Fund, complétée par plus de 112 millions de dollars de cofinancements et 24 millions de dollars de co-investissements nationaux, soit un investissement global d’environ 160 millions de dollars consacré au renforcement de la sécurité sanitaire.
Ce financement permettra notamment de digitaliser la surveillance communautaire dans 42 municipalités, de mettre en place sept centres régionaux d’appel, de renforcer la surveillance aux frontières et aux points d’entrée, d’améliorer l’interopérabilité des systèmes d’information sanitaire et de développer la surveillance de la résistance aux antimicrobiens.
Le projet prévoit également l’opérationnalisation de dix centres régionaux des opérations d’urgence de santé publique destinés à rapprocher la prise de décision et la riposte des territoires. Cinquante laboratoires bénéficieront d’un renforcement de leurs capacités, notamment en matière d’assurance qualité, de diagnostic, de transport sécurisé des échantillons et de surveillance génomique.
Pour le Gouvernement, l’objectif est clair : « détecter plus tôt, coordonner mieux et répondre plus vite ». Cette ambition s’inscrit dans la cible internationale 7-1-7, qui vise à détecter un événement sanitaire en sept jours, le confirmer et le notifier en un jour, puis engager une réponse efficace dans les sept jours suivants.
Le Minsanté a rappelé que le Cameroun dispose déjà d’une expérience importante dans la gestion des urgences de santé publique, à travers la riposte à la COVID-19, au choléra, à la Mpox, à la rougeole, aux méningites et à d’autres épidémies. Ces crises, a-t-il souligné, ont mis à l’épreuve le système de santé tout en renforçant les compétences nationales et les mécanismes de coordination.
Au-delà des infrastructures et des équipements, le projet accorde une place centrale aux ressources humaines. Des actions de formation seront menées en épidémiologie de terrain, en épidémiologie vétérinaire et en gestion des urgences sanitaires, avec l’implication des agents communautaires, des vétérinaires, des collectivités territoriales et des professionnels de l’environnement.
Pour mener à bien ce projet, une gestion rigoureuse et transparente des ressources, est nécessaire, car a souligné le Chef du Département de la santé, «la réussite du projet sera mesurée non pas au nombre de réunions organisées, mais à la réduction des délais de détection, à l’efficacité de la coordination et au nombre de vies protégées».
Le Cameroun n’attendra donc pas la prochaine pandémie pour se préparer, car les dépenses de santé bien gérées, ne sont pas des dépenses de consommation, mais des investissements dans l’avenir.
Marcelle Ndzanga/ Celcom/Minsanté
la santé, un avenir prometteur.
la vision de développement à long terme du Gouvernement est l’accession du Cameroun au stade de pays émergent aussi bien du point de vue économique qu’industriel à l’horizon 2035. Dans cette perspective, le rôle du secteur de la santé est fondamental dans la mesure où il ne saurait y avoir de développement sans une bonne santé des populations.